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Laurent Legname (Dijon) : « On est au-dessus de la logique économique »

En pleine bourre, les Dijonnais se sont invités dans le Top 7 du championnat. La troupe de Laurent Legname est plus qu’un simple poil à gratter…

Le capitaine dijonnais, Axel Julien, en discussion avec Rasheed Sulaimon (au centre) et Ryan Pearson (à droite) (Photo : FOXAEP.com).

Les Dijonnais ont frappé un grand coup sur la Jeep® ÉLITE le week-end dernier en allant fesser la JL Bourg à Ekinox (96-78). Ce match, mais aussi les précédents, à Monaco ou contre l’ASVEL, témoigne de la nouvelle dimension prise par la JDA depuis la coupure de février. La base collective était déjà satisfaisante, nous explique Laurent Legname un peu plus loin, mais les arrivées de David Holston et Markus Kennedy à la place des rookies J.J. Frazier et Steve Taylor Jr, ont apporté du volume, de l’épaisseur à cette équipe bien née. Dans sa nouvelle configuration, la JDA est capable de taper n’importe quel adversaire. Le leader, Monaco, est passé dans un trou de souris sur son Rocher pour résister à cette équipe en pleine confiance (95 points en moyenne sur ses cinq derniers matches). Les playoffs sont à nouveau en ligne de mire. Ce serait une première dans la carrière de Laurent Legname, l’un des coaches à suivre de cette Jeep® ÉLITE.

Laurent, le week-end dernier à Bourg, votre équipe a décroché sa 13e victoire de la saison. C’est déjà une de plus que sur toute la saison passée (12v-22d). Quelque chose s’est créé dans votre équipe. Sauriez-vous le décrire ?

Je vous donne raison par rapport à la saison dernière.  Mais il faut rappeler que quand je suis arrivé à Dijon il y a trois ans, on avait fait 20 victoires – dont un match de pénalité. On n’avait pas fait les playoffs mais c’était l’un des meilleurs palmarès dans l’histoire du club. C’était une très, très belle saison par rapport aux moyens dont dispose la JDA. C’est vrai que la saison dernière a été beaucoup plus difficile, simplement parce qu’on s’est planté sur un poste et qu’on s’est trompé dans la complémentarité de l’équipe. Mais je retiens que dans la difficulté, on a réussi à sauver l’essentiel à savoir le maintien. C’est ma plus grande fierté depuis que je suis coach d’avoir réussi à maintenir la JDA. Cette année, on s’est attaché à essayer de ne pas faire d’erreur dans le recrutement, même s’il y a eu des paris.

Quels ajustements on été effectués par rapport à la saison dernière ?

On a repositionné Jacques Alingue sur le poste 5 alors que l’année dernière, on avait fait cette erreur de vouloir le faire passer au poste 4, qui n’est absolument pas son poste. On a voulu donner beaucoup de responsabilités à Axel Julien sur le poste 1 et à Jacques sur le poste 5, parce que ça faisait partie de leur évolution. Et on a essayé de construire une équipe beaucoup plus talentueuse. On a eu des paris comme Rasheed Sulaimon, comme Ryan Pearson, des joueurs qui ont des qualités offensives. Il fallait voir si Sulaimon allait s’intégrer à la culture européenne, parce que c’est sa première expérience. Ryan devait se relancer après une saison difficile collectivement au Mans. On a pris des rookies en rotation d’Axel et Jacques. On sait très bien toute l’incertitude que cela engendre. Il se trouve que cela s’est passé plutôt moyennement avec eux. Mais malgré cela, à la fin des matches aller, on est à 8v-9d.

Et vous ratez de peu la qualification à la Leaders Cup...

On est dans les clous, avec des circonstances atténuantes parce que Sulaimon a eu trois matches de suspension. S’il ne rate pas ces trois matches, je pense qu’on gagne à Cholet (-2) et c’est ce match qui nous fait défaut pour aller à la Leaders Cup. Et puis, on va au HTV avec quatre blessés et on perd de trois points. Si on prend ces deux matches, on est à 10v-7d à la fin des matches aller. Donc l’équipe était vraiment en place, jouait bien sur la première partie de saison. On s’est juste attaché à la renforcer aux rotations des postes 1 et 5, avec les arrivées de David Holston et Markus Kennedy. Il y a un petit talent supérieur, un peu plus d’expérience. C’est ce qui fait la bascule et qu’actuellement on est vraiment bien.

Après votre défaite après prolongation à Monaco (94-90), Zvezdan Mitrovic a déclaré qu’avec David Holston, vous n’étiez plus du tout la même équipe. Est-ce que vous acquiescez ?

Pas totalement, parce que comme je viens le dire, l’équipe était en place dans le collectif offensif et défensif. On n’était pas largué. On n’était qu’à un match de la Leaders Cup.

David Holston a réussi un retour toniturant en Bourgogne. Il tourne à 13 points, 6 passes et 16 d'évaluation... et fait gagner son équipe (5v-2d)

 

Zvezdan Mitrovic voulait sans doute dire qu’avec Holston vous étiez passé d’une équipe correcte, potentiellement « playoffable », à une équipe capable de jouer tous les gros ?

Oui, l’arrivée de David a apporté ce petit plus dont l’équipe avait besoin pour passer le cap. Notre chance, c’est que David connaissait parfaitement le club. Il me connait parfaitement. Je le connais parfaitement et je savais qu’Axel avait la capacité d’intelligence que David revienne. On savait que cela être un deal gagnant-gagnant pour tout le monde.

Est-ce que Markus Kennedy est une grosse plus-value par rapport au rookie Steve Taylor ?

C’est une plus-value parce qu’il a un talent de rebondeur que Steve n’avait pas. On sait qu’on est la dernière équipe au rebond… mais on est aussi parmi les plus adroites donc cela laisse moins de rebonds offensifs. Mais il nous manquait quelqu’un qui excelle dans le rebond défensif. Markus l’a prouvé. Lui aussi a aidé l’équipe à être meilleure.

Est-ce que les expériences avortées avec vos rookies, J.J. Frazier et Steve Taylor Jr, vous ont vacciné par rapport au fait de prendre des rookies ?

Oui, je n’en prendrai plus.

Vraiment ?

Oui. Les meilleurs rookies vont en NBA ou dans les grands clubs européens. Leur talent individuel n’est pas en cause. C’est un manque de culture de jeu. Ils ont plus que des lacunes. Ils ne savent pas jouer. Ils ne connaissent pas le basket. Donc oui, ça m’a vacciné. Vous avez trouvé le mot. Il faut une culture de jeu pour jouer dans le basket européen face à des défenses fermées. Ils ne peuvent pas, c’est criant.

Il faut mieux prendre des joueurs moins talentueux mais déjà expérimentés en Europe ?

L’idéal est de prendre des joueurs qui connaissent déjà la Jeep® ÉLITE. Mais on sait que par rapport au budget de la JDA ce n’est pas possible. Les ricains ou les JFL déjà référencés en Jeep® ÉLITE, on ne peut pas les avoir.

Rasheed Sulaimon et Rion Brown se sont bien adaptés…

Oui, mais ce sont des paris. On avait vu que Rion Brown pouvait avoir de l’impact en ligue des champions (BCL). Sulaimon est un rookie qui sort de Duke et de Maryland. Il a eu des expériences avec la sélection U18 des Etats-Unis et il a fait une saison en D-League. Ce n’est pas le même pedigree. À sa sortie de Maryland, on n’aurait pas pu l’avoir parce qu’il aurait visé plus haut. Les rookies qui sortent de facs référencés ne sont pas pour Dijon malheureusement.

Vous évoquiez votre bon parcours d’il y a deux ans. Ce qui est frappant, c’est la différence de style de jeu entre ces deux équipes. L’une avait une défense de fer (69,3 points). L’autre, cette année, à une attaque de feu (81,3 points, 95 points sur les cinq derniers matches) ?

C’était une volonté parce que l’année dernière, on a vraiment souffert de notre manque de talent en attaque. On avait beaucoup de shoots ouverts qu’on ne concrétisait. Dans le recrutement, on s’est attaché tout simplement à prendre des joueurs qui marquent des paniers. Tu as beau travailler la défense, le basket reste un sport d’adresse. Si tu n’es pas capable de marquer, tu ne peux pas gagner.

C’est le problème d’une équipe comme Cholet cette année, qui joue bien collectivement mais tourne péniblement à 70 points par match…

Voilà. Philippe Hervé l’a dit à maintes reprises. C’est pour cela par un exemple qu’on a pris un joueur comme Valentin Bigote. Je le suivais depuis longtemps. Tout le monde disait « il ne peut pas défendre, il ne peut pas jouer. » J’étais sûr et certain qu’il allait s’adapter parfaitement à la Jeep® ÉLITE parce qu’il a un talent offensif indéniable. Ensuite, Rion Brown a toujours tourné à 40% à trois-points. On savait que Sulaimon était un attaquant. Ryan Pearson a un sens du panier extraordinaire. Mon job était d’essayer de les faire défendre. Mais quand tu as l’état d’esprit, tout le monde peut défendre dans un collectif.

Abdoulaye Loum et Markus Kennedy, deux bonnes rotations à l'intérieur

Vous êtes l’équipe qui perd le moins de ballon. C’est une stat qui doit faire plaisir à un coach ?

Oui, cela me fait plaisir. J’attache beaucoup d’importance à cela parce que cela veut dire que le collectif est en place, qu’il y a une maîtrise des systèmes et du tempo. Et cela donne beaucoup moins de munitions à l’adversaire. On est aussi la troisième équipe la plus adroite au pourcentage général. Ces chiffres concrétisent la façon dont on joue. On voit que les individualités ressortent à travers notre collectif. C’est gratifiant pour un coach.

On parle beaucoup de Jacques Alingue en ce moment, à raison. Il sort d’un carton monumental contre Bourg (39 d’évaluation) et est le troisième meilleur joueur français de la Jeep® ÉLITE à l’évaluation. On parle moins d’Abdoulaye Loum qui est très bon depuis quelque temps. Il a triplé son évaluation moyenne sur les six derniers matches (8,7 points à 65%, 3,3 rebonds et 11,3 d’éval en 17 minutes). Que s’est-il passé ?

Avec Abdou, c’est simplement un problème mental. Je lui parlais beaucoup depuis le début de la saison. Il savait pourquoi il était venu mais c’était très irrégulier, et il était frustré par ses performances. On a eu une discussion très claire. Il sait la confiance que je lui donne. Je connais ses qualités. Je lui ai dit « Ça ne dépend que de toi. Arrête de cogiter. Tu rentres et tu as peur de jouer. Maintenant, joue. Sinon, tu ne joueras plus. » On n’est pas dans un monde de bisounours. Ça lui a peut-être fait un déclic et depuis quelques matches, il apporte vraiment à l’équipe. C’est aussi une des raisons pour lesquelles on est aussi bon. Parce qu’en rotation de Pearson, il est au niveau auquel je l’attendais depuis le début. Je suis content pour lui. J’espère que ça va continuer.

Après votre victoire contre Cholet le 6 février, Axel Julien a fait une petite mise au point en conférence de presse. Il avait déclaré : « On nous en demande beaucoup. Je veux juste que tout le monde soit conscient qu’on est la 16e masse salariale de la Jeep® ÉLITE et qu’on nous demande de faire les playoffs. (…) On a l’impression de ne pas satisfaire tout le monde alors qu’on est au-dessus de ce qu’on devrait être si la logique était respectée. » Comment aviez-vous pris cette intervention ?

Bien. Il a vraiment joué son rôle de capitaine, pour protéger le groupe. Il faut avoir des c…. pour dire ça. Cela démontre l’intelligence et la maîtrise qu’a Axel maintenant sur le championnat. C’est vrai qu’on a l’ambition, même avec notre petite masse salariale, de jouer les playoffs parce qu’on est des compétiteurs. C’est normal. Mais ce que voulait dire Axel, c’est qu’on faisait le maximum, qu’on donnait tout, mais qu’à un moment, quand on joue des armadas comme Strasbourg, on a beau tout faire, on a beau travailler, ça ne passe pas. On était 11e ou 12e à cette période (9v-10d après Cholet), on n’était pas non plus dernier. C’est ça qu’il voulait dire. On est au-dessus de la logique économique. On va tout faire pour y rester voire plus. Mais à un moment, il faut remettre les choses dans leur contexte. Quand on voit des clubs comme Chalon, Gravelines, l’ASVEL, on peut se dire qu’on fait une saison très satisfaisante.

Est-ce que vous sentiez une exigence démesurée de la part de vos dirigeants ?

Non parce que le président et le manager général ne nous mettent pas la pression. Ils nous laissent travailler sereinement. C’était plus par rapport aux médias, aux supporters, aux partenaires. Le problème, c’est que depuis x années, la JDA a toujours eu un classement supérieur à ses moyens. Ce club a toujours été connu comme le poil à gratter de la division. Peut-être qu’à Dijon, les gens ont l’habitude de cela.

Une dizaine d’équipes vont se bagarrer pour les places de 4 à 8 en playoffs. Pour vous qui allez jouer trois de vos quatre prochains matches à domicile, est-ce que la qualification se joue dans le mois à venir ?

Non, parce qu’il restera six matches derrière. Je pense que cela se joue à tous les matches tout simplement. Il y a trois matches, on se disait, Dijon va à Monaco, ils reçoivent l’ASVEL et ils vont à Bourg. Normalement cela fait trois défaites. Mais on a vu chaque week-end que tout le monde peut battre tout le monde. Je me concentre vraiment sur le match suivant, en l’occurrence celui contre Pau (vendredi 30 mars). Et on fera les comptes le 15 mai. Cela ne sert à rien d’anticiper. Il ne faut pas voir plus loin que cela.

C’est dommage car la dernière question porte sur le futur de la JDA. Est-ce vous commencez déjà à vous projeter sur la saison prochaine, à anticiper la construction de sa future équipe ?

Bien sûr. C’est le cas de tous les clubs mais encore plus dans un club qui a peu de moyens.

Qui a peu de moyens et qui fait une bonne saison. On se doute que ce ne sera pas évident de conserver vos joueurs…

On va essayer de prouver le contraire. Je dis bien, on va essayer (rires). Cela dépendra des ambitions du club. Si on veut progresser, cela passe forcément par garder les meilleurs joueurs et forcément par augmenter la masse salariale. J’espère que ce sera le cas.

par LNB
Source: LNB

Betclic Game Center

Calendrier Pro A

Équipe domicile Score Équipe extérieur
05 juin (Jeep ÉLITE - Playoffs)
80 – 60 Strasbourg
LNB TV
06 juin (Jeep ÉLITE - Playoffs)
76 – 71 Monaco
LNB TV
07 juin (Jeep ÉLITE - Playoffs)
82 – 89 Strasbourg
LNB TV
08 juin (Jeep ÉLITE - Playoffs)
83 – 94 Monaco
LNB TV
09 juin (Jeep ÉLITE - Playoffs)
79 – 85 Le Mans
LNB TV
13 juin (Jeep ÉLITE - Playoffs)
81 – 77 Le Mans
LNB TV
15 juin (Jeep ÉLITE - Playoffs)
77 – 87 Le Mans
LNB TV
18 juin (Jeep ÉLITE - Playoffs)
84 – 72 Monaco
LNB TV
20 juin (Jeep ÉLITE - Playoffs)
69 – 78 Monaco
LNB TV
24 juin (Jeep ÉLITE - Playoffs)
74 – 76 Le Mans
LNB TV

Classement Pro A

Jeep® ÉLITE – Classement à la 34ème journée
Pos Équipe % Victoire Résultats
1 Monaco 74 25v - 9d
2 Strasbourg 71 24v - 10d
3 Le Mans 62 21v - 13d
4 Limoges 59 20v - 14d
5 Dijon 59 20v - 14d
6 Lyon-Villeurbanne 56 19v - 15d
7 Nanterre 56 19v - 15d
8 Pau-Lacq-Orthez 53 18v - 16d
9 Bourg-en-Bresse 50 17v - 17d
10 Levallois 48 16v - 18d
11 Le Portel 48 16v - 18d
12 Chalon/Saône 45 15v - 19d
13 Gravelines-Dunkerque 45 15v - 19d
14 Châlons-Reims 45 15v - 19d
15 Cholet 42 14v - 20d
16 Antibes 39 13v - 21d
17 Boulazac 36 12v - 22d
18 Hyères-Toulon 18 6v - 28d

Calendrier Pro B

Équipe domicile Score Équipe extérieur
27 mai (PROB-Playoffs Accession)
60 – 73 Fos-sur-Mer
LNB TV
28 mai (PROB-Playoffs Accession)
77 – 76 Orléans
LNB TV
30 mai (PROB-Playoffs Accession)
85 – 86 Rouen
LNB TV
02 juin (PROB-Playoffs Accession)
83 – 36 Lille
LNB TV
79 – 75 Rouen
LNB TV
04 juin (PROB-Playoffs Accession)
70 – 92 Fos-sur-Mer
LNB TV
77 – 52 Roanne
LNB TV
07 juin (PROB-Playoffs Accession)
71 – 55 Lille
LNB TV
11 juin (PROB-Playoffs Accession)
68 – 72 Fos-sur-Mer
LNB TV
14 juin (PROB-Playoffs Accession)
76 – 70 Roanne
LNB TV

Classement Pro B

PROB – Classement à la 34ème journée
Pos Équipe % Victoire Résultats
1 Blois 80 27v - 7d
2 Roanne 77 26v - 8d
3 Orléans 74 25v - 9d
4 Fos-sur-Mer 71 24v - 10d
5 Lille 68 23v - 11d
6 Saint-Chamond 65 22v - 12d
7 Nancy 56 19v - 15d
8 Rouen 50 17v - 17d
9 Evreux 48 16v - 18d
10 Denain 48 16v - 18d
11 Aix-Maurienne 45 15v - 19d
12 Vichy-Clermont 42 14v - 20d
13 Nantes 36 12v - 22d
14 Caen 36 12v - 22d
15 Quimper 33 11v - 23d
16 Poitiers 33 11v - 23d
17 Le Havre 30 10v - 24d
18 Charleville-Mézières 18 6v - 28d

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